Une bulle de protection innovante créée à Grenoble pour le transport des patients atteints du covid-19

Un tout nouveau dispositif a été mis au point à Grenoble afin de répondre aux préoccupations majeures concernant le transport des patients infectés par le covid-19, sécurité, protection et soins optimaux !

 

Le projet a démarré environ 15 jours après le début du confinement. Guillaume Debaty, directeur du SAMU de Grenoble, s'est rapproché de Philippe Cinquin, directeur du laboratoire TIMC (Recherche Translationnelle et Innovation en Médecine et Complexité), Professeur en santé publique et Praticien Hospitalier au CHU Grenoble Alpes : les conditions de transports en hélicoptère des patients souffrant du COVID étaient telles que certains pilotes refusaient d'effectuer les transports par crainte pour la sécurité sanitaire de l’habitacle. Le problème était national et différents centres hospitalo-universitaires recherchaient des solutions. Cette demande a alors été relayée à Grégory Chagnon de TIMC qui a su mobiliser autour de lui. Une équipe essentiellement formée de personnels du laboratoire G-SCOP (Sciences pour la conception, l'Optimisation et la Production) s'est constituée sous la responsabilité de Nicolas Béraud, et à laquelle s'est jointe Nathanaël Connesson de TIMC. Damien Viglino, médecin urgentiste, constituait quant à lui le principal contact au SAMU de Grenoble.

 

Pendant les deux premières semaines du projet, le cahier des charges se limitait à la conception d'un dispositif (1) permettant le transport des patients en hélicoptères (contraintes de sécurité et d'encombrement), (2) évitant toute projection vers l'habitacle et les soignants dans la cabine de l'hélicoptère, (3) laissant de l'espace au patient pour le passage des systèmes médicaux, et (4) permettant d'accéder totalement au patient en moins de 10 secondes en situation d'urgence.

Deux prototypes ont alors été fabriqués, d'approches très différentes. L'un était une protection de type coque, fixée sur le brancard par un système d'ouverture rapide. L'autre, développé à TIMC, consistait en un dispositif placé sur le dos du patient, rabattu au-dessus de sa tête et fixé sous ses aisselles par des attaches rapides. "C'est à partir de là que le projet s'est envolé", raconte Nathanaël Connesson : "Le potentiel de cette seconde solution a immédiatement séduit le personnel du SAMU qui y a vu une application bien plus large que le seul transport en hélicoptère".
Le fait de disposer d'une solution pouvant être mise en place dès la prise en charge du patient à son domicile, solidaire du patient quels que soient ses mouvements et les changements de brancard représentait un dispositif plus que prometteur. L’enthousiasme était visible dans les yeux de Damien Viglino. 

    bulle

 

 

Le cahier des charges a ensuite évolué et le prototype retenu également. Il ne s'agissait plus d'éviter seulement les projections mais aussi l'émission de la majeure partie des particules contaminées. Il fallait donc filtrer l'air respiré par le patient, même sous oxygène, avant de l'évacuer. D'une part est apparue l'idée d'utiliser directement le vide hospitalier, présent dans toutes les chambres et ambulances. D'autre part, une partie du collectif Protect'Air s'est consacrée au développement de solutions de connectique de tubes, de filtres et de pompes d'aspiration sur batterie.

Genése d'une innovation fruit d'un travail collaboratif exceptionnel !
Genèse d'une innovation... fruit d'un travail collaboratif exemplaire entre les laboratoires TIMC, G-SCOP, CIC-IT, HP2 et le SAMU du CHU Grenoble Alpes.

 

Sous l'impulsion de Nicolas Béraud, un projet DGA a été rédigé collaborativement, incluant la planification d'étude de risque, préclinique et clinique. Pendant ce temps, une licence open source était déposée, un wiki créé et mis à disposition. Egalement, un ensemble de 10 bulles de protection était cousu par TIMC, des armatures et des pièces de jonction des tubes fabriquées par G-SCOP, d'autres pièces étaient commandées pour être livrées rapidement et des solutions de pompe étaient testées dans les habitations des chercheurs... 
Les tests pré-cliniques ont démarré sans attendre.

C'est donc un véritable travail collaboratif grenoblois entre TIMC, G-SCOP, CIC-IT (Centre d'Investigation Clinique et d'Innovation Technologique - Grenoble), SAMU et HP2 (Laboratoire Hypoxie et Physiopathologie), chacun avec ses compétences et ses particularités. Le CIC-IT et les tutelles se sont engagées aux cotés des laboratoires, facilitant ainsi l'accessibilité aux outils de fabrication malgré les contraintes de confinement et l'adaptation constante nécessaire à l'évolution de la situation sanitaire. Le projet prend dès lors une ampleur impressionnante de par son potentiel et grâce à l'équipe dynamique qui l'a pris à cœur.

"Il nous reste beaucoup de travail et de preuves à apporter du bénéfice de notre système, que nous espérons faire classer FFP3, dans la protection de l'entourage des patients atteints du COVID. Nous ne savons pas quelle est la proportion de contamination par la voie des gouttelettes fines en suspension dans l'air. Mais nous savons que si aucune particule ne sort de la bulle confinant le patient, le risque de contamination par cette voie devient nulle !", confie Nathanaël Connesson.
Voilà une belle aventure qui commence.
 

bullet La page wiki du projet : https://gitlab.com/bip-covid/bip-covid/-/wikis/home

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